📋 Guides RH

Bulletin de paie : mentions obligatoires et erreurs de l'employeur

Mentions obligatoires et interdites, remise électronique, conservation 5 ans, amende jusqu'à 450 € : ce que l'employeur doit savoir sur le bulletin de paie en 2026.

Publié le 26 septembre 2026

Vous ne faites peut-être pas la paie vous-même : un logiciel ou un cabinet comptable s'en charge. Mais c'est vous, employeur, qui êtes responsable du bulletin. Et la plupart des erreurs ne viennent pas du calcul : elles viennent des informations transmises en amont. Heures, absences, congés : tout se joue avant la paie.

Qu'est-ce qui doit obligatoirement figurer sur le bulletin ?

La liste est fixée par l'article R3243-1 du Code du travail. Les principales mentions :

  • L'employeur : nom, adresse, code APE (NAF) et numéro SIRET
  • La convention collective applicable, ou à défaut la référence au Code du travail
  • Le salarié : nom, emploi et position dans la classification conventionnelle
  • La période et le nombre d'heures payées, en distinguant les heures au taux normal et celles qui comportent une majoration
  • Le salaire brut, les accessoires de salaire et les cotisations (assiette, taux, montant)
  • Le prélèvement à la source : assiette, taux et montant retenu
  • Le net payé et la date de paiement
  • Les dates de congé et l'indemnité correspondante, quand un congé tombe dans la période de paie
  • Le montant total versé par l'employeur (salaire plus cotisations patronales, après exonérations)
  • Les heures d'activité partielle, le cas échéant

Le bulletin doit aussi porter, en caractères apparents, une mention invitant le salarié à le conserver sans limitation de durée (article R3243-5).

Depuis le 1er juillet 2023, le montant net social s'y ajoute. C'est le revenu net après déduction de tous les prélèvements sociaux obligatoires. Vos salariés s'en servent pour déclarer leurs ressources (prime d'activité, RSA) : une erreur sur cette ligne a donc des effets concrets pour eux.

Qu'est-ce qui est interdit sur le bulletin ?

Deux informations ne doivent jamais apparaître (article R3243-4) :

  • l'exercice du droit de grève ;
  • l'activité de représentation des salariés (élu CSE, délégué syndical…).

La rémunération liée à l'activité de représentation ne disparaît pas pour autant : sa nature et son montant figurent sur une fiche annexe jointe au bulletin, qui a la même valeur juridique.

Grève : attention au libellé

Une journée de grève peut donner lieu à une retenue sur salaire. Mais le libellé ne doit pas mentionner la grève. Vérifiez avec votre cabinet que la retenue apparaît sous un intitulé neutre.

Le bulletin simplifié : qu'est-ce qui change en 2027 ?

Le modèle de bulletin est encadré par arrêté (libellés, ordre, regroupement des lignes). Le modèle actuel, appliqué depuis le 1er juillet 2023, est provisoire. Il reste autorisé jusqu'au 31 décembre 2026.

Le modèle définitif, dit « simplifié », devait s'imposer au 1er janvier 2026. Il a été reporté au 1er janvier 2027 par un arrêté du 11 août 2025. L'objectif affiché : un bulletin plus lisible et des libellés sécurisés pour l'employeur.

Ce que vous avez à faire : demander à votre éditeur de paie ou à votre cabinet si la bascule est prévue pour les paies de janvier 2027.

Puis-je remettre les bulletins en version électronique ?

Oui. Depuis 2017, la remise électronique est possible sauf opposition du salarié (article L3243-2). Mais elle est encadrée :

  • Information préalable : vous prévenez chaque salarié de son droit de s'opposer, par un moyen qui donne une date certaine, un mois avant le premier bulletin électronique ou au moment de l'embauche (article D3243-7).
  • Opposition à tout moment : le salarié peut refuser avant ou après le passage au numérique. Sa demande prend effet au plus tard 3 mois après qu'il vous l'a notifiée.
  • Garanties techniques : intégrité, confidentialité et disponibilité des bulletins, ainsi que leur accessibilité via le service en ligne du compte personnel d'activité du salarié (article L3243-2).
  • Durée de disponibilité : 50 ans à compter de l'émission, ou jusqu'à l'âge de mise à la retraite d'office augmenté de 6 ans (article D3243-8).
  • Fermeture du service : si le service s'arrête, le salarié doit être prévenu au moins 3 mois avant pour récupérer ses bulletins, dans un format structuré et courant.

Combien de temps garder les bulletins ?

Côté employeur, la règle est simple : un double de chaque bulletin, papier ou électronique, pendant 5 ans (article L3243-4). Au-delà, les bulletins électroniques ne doivent pas être effacés : leur disponibilité pour le salarié doit rester garantie (voir ci-dessus).

Récapitulatif des chiffres à retenir

RègleChiffreRéférence
Information avant passage au bulletin électronique1 mois avant, ou à l'embaucheArt. D3243-7
Délai de prise en compte d'une opposition3 mois maximumArt. D3243-7
Disponibilité du bulletin électronique50 ans, ou âge de mise à la retraite d'office + 6 ansArt. D3243-8
Préavis en cas de fermeture du service3 mois minimumArt. D3243-8
Conservation du double par l'employeur5 ansArt. L3243-4
Amende en cas de non-respect des règles du bulletin450 € maximum (3e classe), 2 250 € pour une société, par fiche non remise selon service-public.frArt. R3246-2 et art. 131-41 du Code pénal
Réclamation de salaire3 ansArt. L3245-1
Modèle provisoire autoriséjusqu'au 31/12/2026Arrêté du 11/08/2025
Modèle simplifié obligatoire1er janvier 2027Arrêté du 11/08/2025

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

Elles viennent rarement du logiciel de paie. Elles viennent des variables qu'on lui transmet.

Les heures supplémentaires oubliées. Le bulletin doit distinguer les heures au taux normal et les heures majorées. Si les heures sup ne remontent pas à la paie, elles ne sont ni payées ni majorées. Pour les règles de calcul, voir notre guide sur les heures supplémentaires et leurs majorations.

Les absences mal décomptées. Arrêt maladie, absence injustifiée, congé sans solde : chaque absence a sa propre règle de retenue et, parfois, de maintien de salaire. Une absence non transmise, ou transmise avec la mauvaise date, fausse tout le mois. Voir arrêt maladie : les obligations de l'employeur.

Les congés payés. Dates de congé et indemnité doivent figurer sur le bulletin du mois concerné. Les erreurs classiques : jours décomptés deux fois, solde N-1 oublié, indemnité mal calculée. Voir congés payés : calcul et obligations.

Les mentions manquantes. Classification conventionnelle absente, intitulé de convention collective erroné, heures non ventilées : autant de manquements aux règles de l'article R3243-1.

Pointage, heures sup calculées automatiquement et export Excel pour votre cabinet : des variables fiables avant chaque clôture.

Des heures sup et absences prêtes pour la paie

Que risquez-vous en cas d'erreur ?

  • Une amende : le non-respect des règles du bulletin est puni de l'amende des contraventions de 3e classe (article R3246-2), soit 450 € au maximum, et jusqu'à 2 250 € pour une société (le maximum des amendes est multiplié par 5 pour les personnes morales, article 131-41 du Code pénal). Service-public.fr précise : jusqu'à 450 € par fiche non remise.
  • Un rappel de salaire : le salarié peut réclamer les sommes dues pendant 3 ans à compter du jour où il a connu, ou aurait dû connaître, l'erreur. Si le contrat est rompu, la demande porte sur les 3 années précédant la rupture (article L3245-1).
  • Un litige prud'homal : le salarié peut contester le montant ou l'exactitude de son bulletin devant le conseil de prud'hommes.

Un oubli de quelques heures sup chaque mois, sur 3 ans, finit par représenter une somme sérieuse.

Comment fiabiliser les variables de paie chaque mois ?

  • Fixez une date de clôture des variables, quelques jours avant la paie, et tenez-la.
  • Validez les absences et congés au fil de l'eau, pas la veille de la clôture.
  • Faites valider les heures sup par le manager avant l'envoi.
  • Transmettez un fichier unique au cabinet, toujours au même format.
  • Relisez les bulletins : heures majorées, congés du mois, net social.
  • Vérifiez votre convention collective : elle peut prévoir des règles plus favorables (majorations, maintien de salaire, congés supplémentaires).

Traçabilité

En cas de litige, pouvoir montrer qui a validé quelle absence et quelles heures, et quand, change tout. Un décompte horodaté vaut mieux qu'un tableur modifié à la main. Voir pointage en entreprise : les obligations.

Ce que Tiimizy fait pour vous

Tiimizy ne fait pas la paie : il prépare ce qui l'alimente et distribue les bulletins produits par votre logiciel ou votre cabinet.

  • Heures supplémentaires calculées automatiquement à partir du pointage, avec majorations et conversion possible en récupération
  • Congés et absences validés par le circuit manager N+1 / N+2, avec soldes N et N-1 à jour
  • Export paie Excel pour votre cabinet comptable : un fichier unique de variables chaque mois
  • Coffre-fort de bulletins de paie : vous déposez les bulletins, chaque salarié retrouve les siens dans son espace
entreprendre.service-public.gouv.fr — Fiche de paie entreprendre.service-public.gouv.fr — Report du bulletin de paie simplifié legifrance.gouv.fr — Art. R3243-1 à R3243-9 (bulletin de paie) legifrance.gouv.fr — Art. L3243-2 legifrance.gouv.fr — Art. L3243-4 legifrance.gouv.fr — Art. D3243-7 legifrance.gouv.fr — Art. D3243-8 legifrance.gouv.fr — Art. R3246-2 legifrance.gouv.fr — Art. L3245-1 legifrance.gouv.fr — Arrêté du 11 août 2025 legifrance.gouv.fr — Code pénal, art. 131-41 (amendes des personnes morales)
Solution tout-en-un

Automatisez votre gestion RH

Heures sup calculées, absences et congés validés, export Excel pour votre cabinet et coffre-fort de bulletins : Tiimizy prépare le terrain de la paie, dès 2 €/utilisateur/mois.

Questions fréquentes

L'article R3243-1 du Code du travail fixe la liste : identité de l'employeur et SIRET, convention collective applicable, nom, emploi et classification du salarié, période et nombre d'heures (en distinguant les heures majorées), salaire brut, cotisations, prélèvement à la source, net payé, date de paiement, congés pris et leur indemnité, montant total versé par l'employeur. Depuis le 1er juillet 2023, le montant net social doit aussi y figurer.

Oui, c'est possible sauf si le salarié s'y oppose (article L3243-2). Vous devez l'informer de son droit d'opposition un mois avant le premier bulletin électronique ou à l'embauche. Il peut s'opposer à tout moment, et sa demande prend effet au plus tard 3 mois après sa notification.

L'employeur conserve un double des bulletins, papier ou électronique, pendant 5 ans (article L3243-4). Pour les bulletins électroniques, il doit en plus garantir leur disponibilité au salarié pendant 50 ans, ou jusqu'à l'âge de mise à la retraite d'office augmenté de 6 ans (article D3243-8).

Le non-respect des règles du bulletin est puni de l'amende des contraventions de 3e classe, soit 450 € au maximum (article R3246-2), et jusqu'à 2 250 € pour une société (article 131-41 du Code pénal) ; service-public.fr précise jusqu'à 450 € par fiche non remise. Surtout, le salarié peut réclamer un rappel de salaire pendant 3 ans à compter du jour où il a connu l'erreur, et sur les 3 années précédant la rupture si le contrat est terminé (article L3245-1).

Le modèle actuel, en vigueur depuis le 1er juillet 2023 avec le montant net social, reste autorisé jusqu'au 31 décembre 2026. Le modèle définitif, dit simplifié, devient obligatoire au 1er janvier 2027 après un report d'un an (arrêté du 11 août 2025). Vérifiez avec votre éditeur de paie ou votre cabinet que la bascule est prévue.