Entretien professionnel : guide complet 2026 (loi Seniors)
Entretien professionnel obligatoire après la loi Seniors : 1re année, tous les 4 ans, état des lieux à 8 ans, mi-carrière, fin de carrière, abondement CPF de 3 000 €, préparation et bonnes pratiques.
L'entretien professionnel : ce qui change avec la loi Seniors
Instauré par la loi du 5 mars 2014, l'entretien professionnel est codifié à l'article L6315-1 du Code du travail. La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dite loi Seniors, l'a profondément remanié. Depuis le 26 octobre 2025, il s'appelle entretien de parcours professionnel et suit un nouveau calendrier :
- un premier entretien dans l'année qui suit l'embauche ;
- puis un entretien tous les 4 ans (au lieu de 2 ans) ;
- un état des lieux récapitulatif à 8 ans d'ancienneté (au lieu du bilan des 6 ans) ;
- deux nouveaux entretiens : mi-carrière et fin de carrière.
Contrairement à l'entretien annuel d'évaluation (facultatif), l'entretien de parcours professionnel est obligatoire et ne porte pas sur la performance du salarié. Il est mené par le supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, pendant le temps de travail.
Un accord collectif peut prévoir un rythme plus court, mais jamais plus de 4 ans.
Code du travail - Art. L6315-1Ancien et nouveau régime en un coup d'œil
| Point | Avant le 26/10/2025 | Depuis le 26/10/2025 |
|---|---|---|
| Nom | Entretien professionnel | Entretien de parcours professionnel |
| 1er entretien | 2 ans après l'embauche | Dans l'année qui suit l'embauche |
| Périodicité | Tous les 2 ans | Tous les 4 ans |
| Bilan | À 6 ans | État des lieux à 8 ans (avant 9 ans d'ancienneté) |
| Mi-carrière / fin de carrière | — | Deux entretiens dédiés |
| Abondement CPF (50 salariés et plus) | 3 000 €, apprécié sur 6 ans | 3 000 €, apprécié sur 8 ans |
La période de transition
Les salariés déjà en poste ne repartent pas de zéro. Les délais non expirés au 26 octobre 2025 sont allongés :
- le prochain entretien est dû 4 ans après le dernier entretien réalisé ;
- le bilan passe de 6 à 8 ans, depuis le même point de départ.
Exemples donnés par le ministère du Travail : un entretien réalisé en décembre 2023 devait être renouvelé en décembre 2025 ; il peut désormais l'être jusqu'en décembre 2027. Un bilan des 6 ans prévu en 2026 doit être réalisé au plus tard en 2028.
Les échéances déjà dépassées avant le 26 octobre 2025 ne sont pas effacées par la réforme : organisez ces entretiens sans attendre.
Ce que doit couvrir l'entretien de parcours professionnel
Les 5 thèmes obligatoires
La loi fixe désormais le contenu de l'entretien. Il doit aborder :
- Les compétences et qualifications mobilisées par le salarié et leur évolution
- Sa situation et son parcours professionnel
- Ses besoins de formation (pour son poste, l'évolution de son emploi ou un projet personnel)
- Ses souhaits d'évolution : reconversion interne ou externe, transition professionnelle, bilan de compétences, VAE
- Le CPF, les abondements possibles de l'employeur et le CEP (conseil en évolution professionnelle)
Les thèmes interdits
L'entretien de parcours professionnel ne doit pas porter sur l'évaluation du travail du salarié, ses objectifs de performance ou d'éventuelles sanctions. Mélanger les deux types d'entretien expose l'employeur à un risque de requalification.
Si l'entreprise souhaite réaliser les deux dans la même séance, elle doit clairement distinguer les deux parties avec des supports séparés.
L'état des lieux à 8 ans : l'échéance critique
Principe
À 8 ans d'ancienneté (et avant 9 ans), l'entretien prend la forme d'un état des lieux récapitulatif du parcours du salarié. Il vérifie que le salarié a bénéficié :
- Des entretiens de parcours professionnel prévus sur la période
- D'au moins une action de formation
- D'une certification (par la formation ou la VAE)
- D'une progression salariale ou professionnelle
L'ancienneté se compte en années révolues, sans les périodes de suspension non assimilées à du travail effectif (congé sabbatique, congé sans solde, congé de présence parentale, congé de solidarité familiale), sauf accord plus favorable.
Service-public.fr - Entretien professionnelLa sanction : 3 000 euros d'abondement CPF
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, l'employeur doit abonder le CPF du salarié de 3 000 euros si, sur les 8 ans, deux conditions sont réunies :
- le salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus (tous les entretiens comptent : parcours professionnel, mi-carrière, fin de carrière) ;
- et il n'a suivi aucune formation non obligatoire.
Les conditions sont cumulatives : des entretiens manqués ne déclenchent pas l'abondement si le salarié a suivi une formation non obligatoire, mais l'obligation d'entretien reste méconnue.
Cet abondement n'est pas plafonné au nombre de salariés. Une entreprise de 200 salariés qui n'a mené aucun entretien ni proposé aucune formation non obligatoire en 8 ans s'expose à une charge de 600 000 euros (200 x 3 000 €).
Le versement se fait sur le CPF du salarié via la Caisse des Dépôts et Consignations, avant la fin du trimestre civil qui suit l'état des lieux.
Les nouveaux entretiens de mi-carrière et de fin de carrière
La loi Seniors crée deux entretiens de parcours professionnel à dates fixes, dus quel que soit le délai écoulé depuis le précédent entretien :
- Entretien de mi-carrière : dans les 2 mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière (en principe l'année des 45 ans). Il aborde en plus l'adaptation du poste, la prévention de l'usure professionnelle et les possibilités de mobilité ou de reconversion.
- Entretien de fin de carrière : dans les 2 ans qui précèdent les 60 ans du salarié. Il aborde en plus le maintien dans l'emploi et les aménagements de fin de carrière (temps partiel, retraite progressive).
Les entretiens de reprise : un cas particulier
L'employeur doit proposer un entretien de parcours professionnel à la reprise après certaines absences :
- Congé maternité ou d'adoption
- Congé parental d'éducation
- Congé de proche aidant
- Congé sabbatique
- Arrêt longue maladie
- Période de mobilité volontaire sécurisée
- Fin de mandat syndical
Nouveauté : cet entretien n'est pas dû si un entretien de parcours professionnel a eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise. À l'initiative du salarié, il peut aussi se tenir avant la reprise.
Ministère du Travail - Entretien professionnel (questions-réponses)Tiimizy propose des modèles d'entretiens à jour de la loi Seniors, avec calcul automatique des échéances.
Découvrir le module EntretiensPréparer un entretien professionnel efficace
Avant l'entretien
- Convoquer le salarié au moins 15 jours à l'avance avec un support de préparation
- Consulter l'historique : formations suivies, entretiens précédents, évolution de poste
- Préparer le support avec les 5 thèmes obligatoires
- Recenser les dispositifs de formation mobilisables (OPCO, CPF, plan de développement des compétences)
Pendant l'entretien
- Rappeler l'objet de l'entretien (parcours et évolution, pas évaluation)
- Laisser le salarié s'exprimer sur ses souhaits d'évolution
- Informer sur les dispositifs : CPF, VAE, CEP, bilan de compétences
- Identifier ensemble les actions de formation pertinentes
- Formaliser les engagements des deux parties
Après l'entretien
- Rédiger un compte-rendu écrit signé par les deux parties
- Remettre une copie au salarié (obligation légale)
- Archiver le document de manière sécurisée
- Planifier les actions de formation identifiées
- Programmer la date du prochain entretien
Prévoyez 45 minutes à 1 heure par entretien. Un entretien bâclé en 15 minutes ne remplit pas l'obligation légale et sera difficile à défendre en cas de contentieux.
Entretien professionnel vs entretien annuel : le tableau comparatif
| Critère | Entretien de parcours professionnel | Entretien annuel d'évaluation |
|---|---|---|
| Base légale | Art. L6315-1 (obligatoire) | Aucune (facultatif) |
| Fréquence | 1re année, puis tous les 4 ans | Généralement annuel |
| Objet | Parcours, compétences, formation | Performance, objectifs |
| Sanction | Abondement CPF 3 000 € | Aucune sanction légale |
| Compte-rendu | Obligatoire, copie au salarié | Recommandé mais non obligatoire |
| Contenu | 5 thèmes fixés par la loi | Résultats, compétences, objectifs |
Les erreurs qui exposent l'entreprise
1. Ne jamais planifier les entretiens
Sans outil de suivi, les échéances passent inaperçues. Avec un rythme de 4 ans, l'oubli est encore plus facile, et à l'approche de l'état des lieux des 8 ans il est souvent trop tard pour rattraper les entretiens manqués.
2. Confondre les deux types d'entretien
Réaliser un seul entretien mélangeant performance et évolution professionnelle est un motif de requalification. Le salarié peut contester la validité de l'entretien.
3. Ne pas remettre de copie écrite
L'absence de document remis au salarié prive l'employeur de sa preuve de réalisation. En cas de contentieux, c'est comme si l'entretien n'avait jamais eu lieu.
4. Oublier les entretiens de reprise et les nouveaux entretiens
Les retours de congé maternité ou parental sont fréquemment oubliés. Les entretiens de mi-carrière et de fin de carrière, tout nouveaux, le seront aussi sans alerte : ils tombent à des dates fixes, indépendamment du cycle de 4 ans.
Digitaliser pour ne rien oublier
La gestion des entretiens professionnels sur papier ou tableur est source d'erreurs et de risques juridiques, surtout pendant la transition entre l'ancien et le nouveau calendrier. Un outil RH dédié permet de :
- Calculer automatiquement les échéances : 1re année, 4 ans, état des lieux des 8 ans, mi-carrière, fin de carrière, retours d'absence
- Utiliser des modèles conformes aux 5 thèmes obligatoires
- Archiver les comptes-rendus avec signature électronique
- Alerter les managers avant chaque échéance
- Préparer l'état des lieux des 8 ans avec toutes les preuves
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Questions fréquentes
L'entretien professionnel, appelé « entretien de parcours professionnel » depuis la loi du 24 octobre 2025, porte sur les compétences, le parcours, la formation et les souhaits d'évolution du salarié. Il est obligatoire dans l'année qui suit l'embauche puis au moins tous les 4 ans. L'entretien annuel d'évaluation porte sur la performance et les objectifs. Il n'est pas obligatoire légalement mais peut être imposé par l'employeur.
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, l'employeur doit abonder le CPF du salarié de 3 000 € si, sur 8 ans, le salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et n'a suivi aucune formation non obligatoire. Les deux conditions sont cumulatives.
Les délais en cours au 26 octobre 2025 sont allongés : le prochain entretien est dû 4 ans après le dernier entretien réalisé, et le bilan passe de 6 à 8 ans. Exemple du ministère : entretien réalisé en décembre 2023, prochain au plus tard en décembre 2027. Un bilan prévu en 2026 passe au plus tard en 2028.
Oui. Le ministère du Travail admet la visioconférence à condition qu'un document écrit soit remis au salarié. Veillez aussi à la confidentialité de l'échange.
Tous les salariés, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, temps partiel, apprentissage) : un premier entretien a lieu dans l'année qui suit l'embauche. S'y ajoutent l'entretien de mi-carrière (vers 45 ans), l'entretien de fin de carrière (dans les 2 ans avant 60 ans) et l'entretien proposé au retour de certaines absences longues.
Oui. Le Code du travail impose que l'entretien donne lieu à la rédaction d'un document dont une copie est remise au salarié. Ce document constitue la preuve de réalisation en cas de contrôle.